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TEXTE INTEGRAL DU MESSAGE DU PRESIDENT BOUTEFLIKA A L'OCCASION DU DOUBLE ANNIVERSAIRE DU 24 FEVRIER [Aps 23/2/10] ALGER
- Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a adressé un message
aux travailleurs algériens à l'occasion du double anniversaire de la création
de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et la nationalisation
des hydrocarbures. Voici la traduction APS du message.
Chères sœurs
travailleuses, chers frères travailleurs, Mesdames,
Messieurs, La date du 24
février symbolise deux événements distincts qui ont profondément marqué le
parcours accompli par notre pays. Le premier est la création du mouvement
syndical national indépendant qui a fait corps avec le mouvement national
pour s'intégrer totalement dans la lutte pour le recouvrement de la
souveraineté nationale. Le second événement qui n'est autre que le
prolongement de la lutte de libération est le recouvrement de notre
souveraineté pleine et entière sur nos ressources naturelles. Il m'est
agréable en cette occasion, de présenter mes sincères salutations à tous les
travailleurs et travailleuses et à tous les citoyens et citoyennes. La
contribution de l'Union générale des travailleurs algériens a été remarquable
aussi bien lors du combat contre le colonialisme pour l'indépendance
nationale qu'au niveau de la mobilisation des travailleurs pour relever le
défi des nationalisations des hydrocarbures dans le processus du recouvrement
des ressources naturelles. Nous
percevons encore aujourd'hui cet engagement de l'Union générale des
travailleurs algériens à travers le sens de responsabilité qui caractérise
cette organisation dans son accompagnement du processus de réforme et de
consolidation de l'économie nationale, de préservation et de renforcement de
la stabilité sociale. Félicitations
à l'Union générale des travailleurs algériens pour le 54e anniversaire de sa
création. Félicitations à ses militants et à travers eux à tous les
travailleurs et travailleuses. Chères sœurs
travailleuses, chers frères travailleurs, L'Algérie
s'est attelée, durant la dernière décennie, à restaurer la paix et la
sécurité et la reconstruction nationale en comptant, avant tout, sur ses
propres moyens dans la perspective de mettre à niveau ses infrastructures et
ses institutions économiques et sociales afin de permettre aux citoyens et
citoyennes d'améliorer leurs conditions de vie. L'Algérie a également œuvré
et réussi à recouvrer sa place dans les concerts international et régional. La phase
quinquennale 2005-2009 qui s'est achevée dernièrement nous a permis
d'accomplir des réalisations importantes et de faire de grands progrès dans
le domaine du développement économique et social. Elle nous a également
permis de consolider le processus de développement amorcé au début de cette
décennie. Ces résultats
ont été obtenus dans un contexte international défavorable marqué par
l'émergence de la crise financière qui s'est vite transformée en une crise
économique et sociale qui a affecté nos ressources financières extérieures. Ce contexte
international n'a toutefois pas amoindri l'effort de dépenses publiques. Le
volume des dépenses d'équipements a quadruplé durant les six dernières
années, passant de 872 milliards de DA en 2005 à 3022 milliards de Da en
2010. Le coût du
volume global des investissements a atteint 13.798 milliards de Da équivalant
à 200 milliards de dollars environ dont 83% au titre d'investissements
nationaux. Ce volume
remarqué des investissements a permis de consolider l'infrastructure nécessaire
au développement économique. Un progrès notable a été effectué dans la
réalisation du réseau routier, la modernisation des ports ainsi que
l'extension et la modernisation du réseau ferroviaire. Dans le
secteur agricole, classé comme priorité stratégique pour assurer la sécurité
alimentaire nationale, le volume des investissements a atteint près de 400
milliards de Da ce qui permet l'extension des surfaces arables, le
réaménagement des exploitations agricoles et le développement de l'arboriculture.
Ces efforts
ont fait que le taux de chômage, en perpétuel recul, est passé de 17,7 % en
2004 à 10,2 % en 2009. L'Etat est
déterminé à aller de l'avant dans sa politique de résorption du chômage à
travers une relance du développement économique générateur d'emploi et le
soutien à la création de postes de travail en faveur des jeunes
universitaires dans le cadre du plan d'action visant la promotion de l'emploi
et la lutte contre le chômage. Ce plan a réalisé, depuis sa mise en œuvre,
des résultats plus qu'encourageants. La réforme
des débouchés de l'Enseignement et la Formation se poursuit, elle aussi, pour
que ces derniers soient adaptés aux exigences du marché de l'emploi
parallèlement à la formation d'une main d'œuvre nationale qualifiée. Par ailleurs
et dans la perspective d'une meilleure efficacité de notre économie en
matière de création de richesses et d'emplois, et pour la préserver des
incidences de la crise économique mondiale, des mesures ont été prises à
l'effet de freiner le transfert de capitaux à l'étranger, d'une part, et de
favoriser, d'autre part, la participation des entreprises nationales à
l'investissement et à la réalisation des programmes de développement. D'autres
mesures ont également été adoptées pour assainir l'environnement économique
au profit des opérateurs exerçant dans le respect de la Loi et qui
contribuent à la création de richesses et d'emplois. Parmi ces
mesures, la consolidation des dispositions de régulation du commerce
extérieur à travers la définition de règles de transparence en matière de
financement. Il s'agit aussi de la mise en place de nouvelles règles
régissant les investissements étrangers et faisant obligation d'y associer
des capitaux algériens pour garantir une plus grande transparence des opérations
de transfert de bénéfices outre la promulgation de dispositions
supplémentaires favorisant la production nationale. Chères sœurs
travailleuses, chers frères travailleurs, Le volume des
dépenses publiques pour la période allant de 1999 à 2009 a dépassé les 300
milliards de dollars. Il a concerné tous les secteurs d'activité. Sa plus
grande partie a été consacrée au développement humain. En effet, il
a été procédé à l'amélioration des conditions de vie des citoyens à travers
la hausse des taux de raccordement au réseau d'alimentation en eau potable
(93%), au réseau électrique (98%) et au réseau de gaz de ville (43%) en sus
des mesures facilitant l'accès au logement et la consolidation de
l'intervention de l'Etat en matière d'habitat à travers différentes formes de
soutien. Parallèlement
à ces dispositions, d'autres mesures ont été prises au profit des ménages à
l'instar des subventions de certains produits de large consommation comme le
blé et le lait ainsi que la subvention du prix de l'énergie (électricité et
gaz) et celui de l'eau potable. S'agissant
des revenus, le pouvoir d'achat des citoyens a été amélioré à la faveur des
augmentations des salaires et la revalorisation du SNMG sans compter
l'augmentation des pensions de retraite et des bourses allouées aux étudiants
et aux élèves scolarisés dans les différents cycles d'enseignement. Chères sœurs
travailleuses, chers frères travailleurs, L'Etat
demeure fermement déterminé à protéger l'économie nationale. Il a, à cet effet,
mis en place les cadres juridiques et les mécanismes de prévention contre les
pratiques parasitaires et la fraude. La lutte contre la corruption sous
toutes ses formes se poursuivra dans le cadre de la loi qui s'inscrit, elle
même, en droite ligne des conventions et traités internationaux y afférents
et dont l'Algérie compte parmi les premiers signataires. La lutte
contre la corruption qui est au cœur de l'action de l'Etat, commence par la
consolidation du rôle des instances de contrôle à tous les niveaux et dans
tous les domaines. C'est pourquoi l'Etat a consacré d'importants moyens tant
matériels qu'humains pour renforcer le rôle des instances de contrôle et
moderniser leurs moyens d'intervention. La lutte
contre la corruption nécessite un engagement ferme et sans ambages de tous
les travailleurs du secteur économique en vue de conférer l'efficacité et
l'efficience nécessaires à l'action des instances de contrôle et pour mieux
coordonner les efforts, car le fléau de corruption est de nature à saper tout
effort de développement. Dans le
prolongement de ces mesures législatives et institutionnelles, le
gouvernement a intensifié ses activités de lutte contre la corruption à
travers le soutien aux structures spécialisées et la création d'une nouvelle
instance, à savoir l'observatoire national de lutte contre la corruption en
tant qu'outil pratique chargé de coordonner les efforts déployés à cet effet. "Chères
sœurs travailleuses, chers frères travailleurs, Le prochain
programme quinquennal de développement vise la consolidation du processus de
croissance économique à travers la mobilisation de l'ensemble des
potentialités nationales pour la prise en charge des impératifs du
développement humain et l'amélioration des conditions de vie des citoyens. Quatre
secteurs se partagent, à eux seuls, près de la moitié de l'enveloppe
financière consacrée à ce programme. Il s'agit des secteurs de l'Habitat et
de l'urbanisme, des travaux publics, des transports et des ressources
hydriques. Cela traduit
notre volonté de doter le pays en nombre suffisant d'infrastructures et de
satisfaire, à moyen terme, les besoins fondamentaux de nos citoyens. Ce programme
ouvre le champ à une contribution plus importante de l'entreprise algérienne
à l'effort de développement national. Des mesures sont prévues à cet effet au
profit des entreprises activant conformément à la loi et aux engagements
économiques extérieurs du pays . Ces mesures se traduiront par le
développement du financement de l'investissement dans les entreprises,
l'élargissement du programme de mise à niveau des petites et moyennes
entreprises, l'augmentation de la part de l'entreprise nationale dans la
réalisation des programmes d'investissement publics et dans la sous-traitance
ainsi que par la participation à la modernisation des entreprises publiques
qui sont en mesure d'écouler leurs produits. Il y a lieu
de noter que ce programme s'appuie sur le financement public avec
l'affectation d'une enveloppe globale au budget d'équipement estimée à 20.800
milliards de DA soit 285 milliards de dollars dont un montant de 10.326
milliards de DA représentant une valeur de 141 milliards de dollars est
consacré au nouveau programme. A cet égard,
je tiens à rappeler ce que j'ai souligné en maintes occasions que ce ne sont
pas les dépenses publiques qui édifient l'économie. Leur rôle consiste,
plutôt, à mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation d'une
croissance économique durable. La croissance économique et la création de
l'emploi relèvent des entreprises productives, publiques ou privées, qui
devraient non seulement être compétitives au niveau du marché national mais
aussi capables d'investir les marchés extérieurs. Cette démarche
s'inscrit en droite ligne des objectifs du pacte national économique et
social conclu entre le gouvernement et les partenaires socio-économiques en
octobre 2006 et qui prévoit particulièrement l'accroissement de la
productivité en vue d'améliorer la compétitivité de l'entreprise et
promouvoir une économie génératrice de richesses et d'emplois. Chères sœurs
travailleuses, chers frères travailleurs, Evoquer le
pacte national économique et social, me conduit à parler des volets liés à la
concertation et au dialogue sociaux et leurs bienfaits sur la cohésion et la
paix sociales. Le dialogue
social dans notre pays occupe une place si privilégiée dans le domaine du
travail et des relations socio-professionnelles qu'il a permis aux
partenaires socio-économiques (gouvernement, patronat et syndicats) de
parvenir à un accord en vue d'œuvrer ensemble, dans un climat favorable, à la
réalisation des objectifs du développement économique et social. Faut-il
souligner que le pacte national économique et social n'a été que le fruit de
cet accord. L'expérience
de ce pacte a démontré la maturité des partenaires socio-économiques dans
notre pays et la pertinence de leur approche concernant les exigences du
développement national global. Convaincus de
l'utilité et des bienfaits du dialogue, nous appelons tout un chacun et
particulièrement nos travailleurs et leur illustre union à saisir l'occasion
de cette rencontre pour aborder toutes les questions liées au monde du
travail afin de trouver les solutions adéquates aux problèmes qui pourraient
surgir ici et là. ("Il importe en cette étape précise du redressement
national, de se rallier aux nobles principes qui confèrent au travail une
valeur civilisationnelle et morale et non pas un moyen de subsistance seulement.
Nous devons donc nous conformer aux exigences de cette valeur qui nous permet
de prendre conscience des risques
encourus si nous ne saisissons pas l'opportunité de rattraper les retards
accusés en matière de développement. Le dialogue,
dans le cadre de la tripartite, constitue le plus haut niveau de concertation
sociale, en ce qu'il permet aux partenaires sociaux de procéder à un échange
de vues approfondi sur la situation socio-économique du pays et les
perspectives de son développement, en mettant l'accent sur la conjugaison
indispensable des efforts pour préserver les intérêts économiques nationaux
et veiller au devoir social de l'Etat. Il convient
d'ailleurs de saluer ce qui a été conclu entre les partenaires dans le cadre
de la tripartie pour le renforcement du dialogue à travers l'intensification de telles
rencontres pour examiner ensemble les questions liées à la situation
socio-économique du pays et pouvoir, ainsi, suivre la mise en œuvre des
décisions prises dans ce cadre. Nous nous félicitons également de l'adoption
par la tripartite du principe de prorogation et d'enrichissement du pacte
économique et social. Chères sœurs
travailleuses, chers frères travailleurs, J'aspire à
réaliser le programme 2010-2014, dont certains chapitres ont été évoqués
précédemment, avec vous et avec les autres partenaires économiques, car nos
efforts resteraient vains sans la contribution effective de toutes les
composantes de notre nation qui jouit du potentiel de ses travailleurs et de
ses jeunes qui ont écrit l'une des plus belles épopées de l'Algérie
indépendante démontrant ainsi leur capacité à faire preuve de créativité
chaque fois que l'occasion leur est donnée. Conscient des
potentialités que recèle notre nation, j'attends de l'Union générale des
travailleurs algériens (UGTA) une collaboration et un engagement $à la
hauteur des objectifs ambitieux du programme quinquennal 2010-2014, qui vise
à garantir l'égalité des chances pour tous dans le cadre de la réalisation et
de la promotion d'un développement harmonieux pour notre pays et de la
consécration de l'équité sociale dans la répartition des richesses créées. J'appelle
aussi les travailleurs à se mobiliser comme un seul homme pour améliorer la
productivité de notre économie, tant il est vrai que l'amélioration
perpétuelle de la productivité du travail est le garant d'une croissance
qualitative. J'exhorte
enfin, les entreprises nationales à tirer profit, de manière optimale et honnête,
des mesures incitatives prévues par la loi afin d'augmenter leurs plans de
charges, d'œuvrer à la modernisation de leurs outils de production et
d'améliorer la compétitivité de leurs produits. |
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[Aps 23/2/10] |